Succession d'épreuves indépendantes

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I. Modélisation d'une succession d'épreuves indépendantes

Définition :
Dans une succession d’épreuves, lorsque l’issue d’une épreuve ne dépend pas des épreuves précédentes, on dit que ces épreuves sont indépendantes.

Univers et issues d’une succession d’épreuves indépendantes :
On considère nn épreuves successives indépendantes d’univers Ω1,,Ωn\Omega_1, \dots, \Omega_n.
L’univers Ω\Omega de cette succession de nn épreuves indépendantes est le produit cartésien :
Ω=Ω1××Ωn\Omega = \Omega_1 \times \dots \times \Omega_n.

Les issues de Ω\Omega sont les nn-uplets (x1,,xn)(x_1, \dots, x_n)xiΩix_i \in \Omega_i pour tout entier naturel ii, avec 1in1 \leq i \leq n.

Propriété :
Dans une succession de nn épreuves indépendantes, la probabilité d’une issue (x1,x2,,xn)(x_1, x_2, \dots, x_n) est égale au produit des probabilités des issues de ses composantes x1,,xnx_1, \dots, x_n.

Ainsi, on a : P(x1,,xn)=P(x1)××P(xn)P(x_1, \dots, x_n) = P(x_1) \times \dots \times P(x_n).

II. Exemple


On lance un dé tétraédrique équilibré dont les quatre sommets sont numérotés 1,2,3,41, 2, 3, 4.
L’univers de cette expérience aléatoire est Ω1={1;2;3;4}\Omega_1 = \{1 ; 2 ; 3 ; 4\}.

Puis, on tire au hasard un jeton dans un sac contenant un jeton AA et deux jetons BB.
L’univers de cette seconde expérience aléatoire est Ω2={A;B}\Omega_2 = \{A ; B\}.

Voici la loi de probabilité de chacune de ces deux épreuves :

\circ\quad Pour le dé tétraédrique équilibré : P(1)=P(2)=P(3)=P(4)=14P(1) = P(2) = P(3) = P(4) = \dfrac{1}{4}.

\circ\quadPour le tirage de jetons dans le sac contenant un jeton AA et deux jetons BB :
P(A)=13P(A) = \dfrac{1}{3}, P(B)=23P(B) = \dfrac{2}{3}.

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L’univers de la succession de ces deux épreuves indépendantes est donné par :
Ω=Ω1×Ω2={(1,A),(1,B),(2,A),(2,B),(3,A),(3,B),(4,A),(4,B)}\Omega = \Omega_1 \times \Omega_2 = \{(1, A), (1, B), (2, A), (2, B), (3, A), (3, B), (4, A), (4, B)\}.

Pour représenter ces issues sous forme d’un arbre de probabilité, voici comment il se construit :

Première épreuve : lancer du dé tétraédrique

Les branches correspondent aux quatre résultats possibles : 1,2,3,41, 2, 3, 4.

Chaque branche a une probabilité de 14\dfrac{1}{4}.

Deuxième épreuve : tirage du jeton

À partir de chaque résultat du dé, on tire soit AA, soit BB.

Probabilité d’obtenir AA : 13\dfrac{1}{3}.

Probabilité d’obtenir BB : 23\dfrac{2}{3}.

L’arbre des probabilités est donc structuré ainsi :

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Par exemple :
P(1;A)=14×13=112P(1 ; A) = \dfrac{1}{4} \times \dfrac{1}{3} = \dfrac{1}{12}
P(3;A)=14×13=112P(3 ; A) = \dfrac{1}{4} \times \dfrac{1}{3} = \dfrac{1}{12}

D’où la loi de probabilité de la succession de ces épreuves indépendantes :

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Rappel : Bien vérifier son énoncé afin de savoir si les épreuves sont indépendantes. Si tel n'est pas le cas, on parle de probabilité conditionnelle, et lors d'une représentation de l'expérience à l'aide d'un arbre, les probabilités lues aux nœuds secondaires sont des probabilités conditionnelles.