Définitions :
∘ Soit n∈N. Un polynôme P de degré n à coefficients réels est une expression s’écrivant sous la forme :
P(z)=anxn+an−1xn−1+⋯+a2x2+a1x+a0,(a0,…,an)∈Rn+1,an=0
∘ a est une racine de P si et seulement si P(a)=0.
Remarque utile dans les exercices : Puisque tous les coefficients sont réels, si z0 est solution de P(z)=0 alors son conjugué z0 est également solution de P(z)=0.
I. Propriété 1
Soit n un entier naturel non nul. Soit a un nombre complexe.
Pour tout nombre complexe z, on a : zn−an=(z−a)Q(z)
avec Q un polynôme de degré au plus n−1.
Démonstration : Pour tout n∈N∗, on considère la propriété :
Pn:zn−an=(z−a)Q(z)avec Q un polynoˆme de degreˊ au plus n−1.
Initialisation : Pour n=1 :
z−a=(z−a)×Q(z) avec Q(z)=1.
Q est un polynôme de degré 0. Donc la propriété est vraie pour n=1.
Hérédité : Soit n∈N∗. Supposons que P(n) est vraie. Montrons que P(n+1) est vraie, c’est-à-dire :
zn+1−an+1=(z−a)×R(z) avec R un polynôme de degré au plus n.
zn+1−an+1=z×zn−an+1
=z×[an+(z−a)×Q(z)]−an+1 avec Q un polynôme de degré au plus n−1.
=z×an+z(z−a)×Q(z)−an+1
=an(z−a)+z(z−a)Q(z)
=(z−a)[an+zQ(z)]
=(z−a)R(z) en posant R(z)=an+zQ(z).
Q est un polynôme de degré au plus n−1, donc R est un polynôme de degré au plus n.
Donc Pn+1 est vraie.
Conclusion : P1 est vraie et Pn est héréditaire, donc d’après le principe de récurrence, Pn est vraie pour tout entier naturel n non nul.
Remarque : Soit n∈N∗, alors pour tous complexes a et b,
bn−an=(b−a)(bn−1+abn−2+a2bn−3+⋯+an−2b+an−1).
Soit : bn−an=(b−a)k=0∑n−1akbn−1−k.
II. Propriété 2
Soit P un polynôme de degré n et a un nombre complexe tel que P(a)=0.
Alors, pour tout nombre complexe z, on a : P(z)=(z−a)Q(z)
avec Q un polynôme de degré au plus n−1.
Démonstration :
Soit P un polynôme tel que
P(z)=anzn+an−1zn−1+⋯+a1z+a0.
P(z)=P(z)−P(a) car P(a)=0.
P(z)=anzn+an−1zn−1+⋯+a2z2+a1z+a0−(anan+an−1an−1+⋯+a2a2+a1a+a0).
P(z)=an(zn−an)+an−1(zn−1−an−1)+⋯+a2(z2−a2)+a1(z−a).
D’après la propriété précédente,
Pn=(z−a)[anQn(z)+an−1Qn−1(z)+⋯+a2Q2(z)+a1].
En posant
Q(z)=anQn(z)+an−1Qn−1(z)+⋯+a2Q2(z)+a1,
on obtient un polynôme Q de degré au plus n−1.
III. Propriétés 3
∘ Un polynôme non nul de degré n admet au plus n racines.
∘ Le nombre de solutions d’une équation polynomiale est inférieur ou égal à son degré.
IV. Un exemple rédigé
Énoncé :
On considère le polynôme de degré 3 suivant :
P(z)=z3+2iz2+2(1+i)z−3+6i
1. Montrer que 1−2i est une racine de P(z).
2. En déduire un polynôme Q(z) de degré 2 tel que P(z)=(z−1+2i)Q(z)
Solution :
1. Vérification que 1−2i est une racine
On calcule P(1−2i) :
P(1+3i)=(1+3i)3+6(1+3i)+20
Développement de (1−2i)2 :
(1−2i)2=1−4i+4i2=1−4i−4=−3−4i
Développement de (1−2i)3 :
(1−2i)3=(−3−4i)(1−2i)
=−3+6i−4i+8i2
=−3−8+2i
=−11+2i
Calculons P(1−2i) :
P(1−2i)=−11+2i+2i(−3−4i)+2(1+i)(1−2i)+6i
=0+0i
Donc P(1−2i)=0, ainsi 1−2i est bien une racine.
2. Détermination de Q(z)
Le polynôme P(z) peut s'écrire sous la forme :
P(z)=(z−1+2i)(az2+bz+c) avec a,b,c réels.
Développons (z−1+2i)(az2+bz+c) :
On applique la distributivité :
(z−1+2i)(az2+bz+c)
=(z−1)(az2+bz+c)+2i(az2+bz+c)
Développons chaque terme séparément :
Développement de (z−1)(az2+bz+c)
=z(az2+bz+c)−1(az2+bz+c)
=az3+bz2+cz−az2−bz−c
=az3+(b−a)z2+(c−b)z−c
Développement de +2i(az2+bz+c)
=+2iaz2+2ibz+2ic
On obtient :
∀z∈C,z3+2iz2+2(1+i)z−3+6i
=az3+(b−a+2ia)z2+(c−b+2ib)z+2ic
On identifie :
a=1
b−a+2ia=2i
c−b+2ib=2(1+i)
−c+2ic=−3+6i
Résolvons chaque équation :
a=1 donc on remplace a=1 dans l'équation suivante :
b−1+2i=2i soit b=1
c−1+2i=2+2i soit c=3 3i
Enfin, on vérifie avec la dernière équation :
−3+2i×3=−3+6i est bien vérifiée, le système est donc compatible.
Au final, on obtient :
P(z)=(z−1+2i)(z2+z+3).