Généralités
Définition
L’arithmétique est l’étude des entiers naturels ou relatifs et de leur rapport.
N est l’ensemble des entiers naturels : 0,1,2,3,…
Z est l’ensemble des entiers relatifs : …,−2,−1,0,1,2,…
I. Propriétés : Axiomes dans N
∘ Principe du bon ordre : toute partie non vide de N admet un plus petit élément.
∘ Principe de la descente infinie : toute suite strictement décroissante dans N est finie.
∘ Principe des tiroirs : si l’on range (n+1) chaussettes dans n tiroirs, alors un tiroir contiendra au moins deux chaussettes.
Exemple :
Dans la division par 7 d’un entier non multiple de 7, les restes possibles sont : 1,2,3,4,5,6.
On est alors sûr qu’à partir de la 7ème division, donnant la 7ème décimale, on obtiendra un reste déjà obtenu (principe des tiroirs).
Par exemple, la partie décimale de 722=3,142857142857… est périodique.
II. Divisibilité dans Z
Définition
Soient a et b deux entiers relatifs.
On dit que b divise a, noté b∣a, si et seulement s'il existe un entier relatif k tel que :
a=k×b.
Remarque
Autres formulations :
∘ "b est un diviseur de a"
∘ "a est divisible par b"
∘ "a est un multiple de b"
Exemples
∘ 15=3×5 donc 3 et 5 sont des diviseurs de 15.
Les diviseurs dans N de 15 sont : 1,3,5,15.
∘ −45=(−5)×9 donc −5 et 9 sont des diviseurs de −45.
Les diviseurs de −45 dans Z sont :
−45,−15,−9,−5,−3,−1,1,3,5,9,15,45.
Critères de divisibilité (à démontrer en exercice)
Pour qu'un nombre entier soit divisible par :
∘ 2, il faut et il suffit que le chiffre des unités soit 0, 2, 4, 6 ou 8.
∘10n , il faut et il suffit que ce nombre se termine par n zéros.
∘ 4 ou 25, il faut et il suffit que le nombre formé par les deux derniers chiffres soit divisible par 4 ou 25.
∘ 8 ou 125, il faut et il suffit que le nombre formé par les trois derniers chiffres soit divisible par 8 ou 125.
∘ 3 ou 9, il faut et il suffit que la somme de ses chiffres soit divisible par 3 ou 9.
∘ 5, il faut et il suffit que ce nombre se termine par 0 ou 5.
∘ 11, il faut et il suffit que la différence entre la somme des chiffres de rang pair et celle de rang impair soit un multiple de 11.
Propriétés
✓ a et −a divisent a, 1 et −1 divisent a, et a divise 0.
✓Si b divise a, alors b divise −a et −b divise a.
✓ Soit a=0, si b divise a, alors ∣b∣≤∣a∣.
✓ Si a divise b et b divise a, alors a=b ou a=−b.
✓ Si a divise b et b divise c, alors a divise c.
✓ Si b divise a, alors pour tout c=0, bc divise ac.
Démonstrations
1. a=a×0 et a=1×a et −a=a×(−1).
2. Si b divise a, alors : ∃q∈Z,a=bq
⇔∃q∈Z,−a=b(−q)
⇔∃q∈Z,a=(−b)(−q)
Donc b∣a⇒−b∣a et b∣−a.
3. Soit a=0, si b divise a, alors : ∃q∈Z,a=bq.
Or, a=0 et q=0 donc ∣q∣≥1.
Ainsi, ∣a∣=∣b∣×∣q∣≥∣b∣, d'où ∣b∣≤∣a∣.
4. Si b divise a, alors d’après (3.), ∣b∣≤∣a∣.
Si a divise b, alors d’après (3.), ∣a∣≤∣b∣.
On a donc ∣a∣=∣b∣, ce qui implique que a=b ou a=−b.
5. Si a divise b, alors : ∃q∈Z,b=aq.
Si b divise c, alors : ∃q′∈Z,c=bq′=a(qq′)=aq1, avec q1=qq′∈Z.
Donc a∣c.
6. Si b divise a, alors : ∃q∈Z,a=bq.
Donc : ac=(bq)c=b(qc), avec qc∈Z.
Donc bc∣ac.
Théorème : Combinaisons linéaires et divisibilité
Soient a,b et c trois entiers relatifs.
Si a divise b et c, alors a divise toute combinaison linéaire de b et c, soit :
αb+βc, avec α,β∈Z.
Démonstration :
Si a divise b et c, il existe q,q′∈Z tels que : b=qa et c=q′a.
Donc, pour tous α,β∈Z : αb+βc=αqa+βq′a=(αq+βq′)a.
Or, αq+βq′∈Z, donc a divise αb+βc.
Exemple
Soit k un entier naturel. On pose : a=9k+2 et b=12k+1.
Pour déterminer une condition sur les diviseurs communs positifs de a et b, on cherche à éliminer k par une combinaison linéaire de a et b :
4a−3b=4(9k+2)−3(12k+1)=36k+8−36k−3=5.
Un diviseur commun positif de a et b doit diviser 5, donc il ne peut être que 1 ou 5.
III. Des exemples rédigés et des méthodes
1. Montrer une divisibilité
Démontrer que la somme de trois entiers relatifs consécutifs est divisible par 3.
Solution :
Trois entiers relatifs consécutifs peuvent s'écrire n−1, n, n+1.
Leur somme est :
(n−1)+n+(n+1)=3n
Cette somme est donc divisible par 3.
2. Un raisonnement par disjonction des cas
Soit n un entier naturel et A=n(n2+5).
Démontrer que A est pair.
Solution :
Un entier naturel n est soit pair, soit impair.
1er cas : n est pair
Il existe donc un entier naturel k tel que n=2k.
Alors : A=2k(4k2+5) avec (4k2+5) entier naturel. Donc 2 divise A.
2ᵉ cas : n est impair
Il existe donc un entier naturel k tel que n=2k+1.
Alors : A=(2k+1)[(2k+1)2+5]
Développons :
A=(2k+1)(4k2+4k+6)=2(2k+1)(2k2+2k+3)
avec (2k+1)(2k2+2k+3) entier naturel, donc 2 divise A.
Conclusion : les deux cas ci-dessus permettent de conclure que A est toujours pair.
3. Utiliser les propriétés du cours
Quelles sont les valeurs de l'entier relatif n pour lesquelles n+4 divise 3n+8?
Solution :
On doit choisir n+4=0, soit n=−4.
On constate que 3n+8=3(n+4)−4
n+4 divise 3(n+4), donc n+4 divise 3n+8 si n+4 divise par combinaison linéaire 3n+8−6(n+4) soit −4.
Les diviseurs de −4 sont 1;−1;2;−2;4;−4.
Il faut que n+4∈{−4;−2;−1;1;2;4} ce qui entraîne que n∈{−8;−6;−5;−3;−2;0}
On vérifie que −4 n'appartient pas à {−8;−6;−5;−3;−2;0} avant de conclure.
Conclusion : n+4 divise 3n+8 lorsque n∈{−8;−6;−5;−3;−2;0}